Bonjour, je m’appelle Léo. Je vais vous raconter ma vie d’ex-dysgraphique.

C’est au CP (vers 7 ans) que mes problèmes ont commencé. Jusque-là, on me disait que je n’étais pas très appliqué, mais rien de plus. Mais lors de l’apprentissage de l’écriture, les choses se sont compliquées. Aller à l’école est devenu ma hantise car je savais qu’il faudrait que j’écrive et cela était pour moi une terrible épreuve. Malgré mes efforts, je n’arrivais pas à tracer les lettres correctement, je ne parvenais pas à suivre les lignes. De plus toute mon attention étant portée sur le graphisme, j’avais de réels problèmes d’orthographe, de compréhension du texte et bien sûr de vitesse. Et plus je m’appliquais, moins je réussissais. Mes doigts, mon poignet, mon bras crispés étaient douloureux.

La maitresse était compréhensive, mais comme elle ne pouvait pas lire ce que j’écrivais, elle ne savait pas comment m’évaluer.

Mes parents, tantôt bienveillants, tantôt excédés étaient désarmés. Et moi, je me disais que j’étais nul, que je n’y arriverais jamais. Et cela m’était parfois confirmé par les moqueries des autres élèves.

La maitresse a alors conseillé à mes parents de faire un bilan chez une orthophoniste et de prendre l’avis du médecin. Après quelques tests, le diagnostic est tombé :

  • Madame, Monsieur, votre enfant est dysgraphique ! 
  • Dys, quoi ? ont demandé mes parents, le cœur battant.
  • Dysgraphique c’est-à-dire qu’il a un trouble dans l’acquisition et l’exécution de l’écriture.
  • Que pouvons-nous faire ?
  • Ne vous inquiétez pas, voici l’adresse d’un graphopédagogue qui aidera Léo à retrouver du plaisir dans l’écriture.
  • T’inquiètes pas bonhomme, précisa la dame en me regardant, tu verras c’est plutôt amusant. Tu ne feras pas de lignes d’écriture. Une dizaine de séances et tout cela ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Elle se tourna vers mes parents :
  • Si nécessaire, ce professionnel de l’écriture vous adressera vers un autre thérapeute pour compléter la prise en charge (orthoptiste, psychomotricien, ophtalmologue, kinésiologue,…) .
  • Merci Madame, nous sommes ravis à l’idée de bientôt voir notre enfant ne plus souffrir lorsqu’il doit produire un écrit, souffrir physiquement et moralement.

Et voilà, comment je me suis retrouvé chez un graphopédagogue.  Mes parents assistaient à chaque séance, c’était rassurant, ils s’intéressaient à mon travail et m’accompagnaient dans les petits exercices quotidiens que je devais effectuer. J’ai appris à tenir mon crayon correctement, à faire le bon geste pour tracer les lettres, à détendre mes doigts…

J’ai très vite progressé. Quel plaisir de voir mes efforts récompensés, d’entendre des encouragements, des compliments. Peu à peu j’ai retrouvé confiance en moi. 

Avant / Après graphopédagogue

« Aujourd’hui, après seulement 8 séances, j’ai retrouvé le plaisir d’aller à l’école et celui d’écrire. »

Alors vous, parents qui constatez un problème d’écriture chez votre enfant, ne le laissez pas se décourager. Parlons-en !

L’écriture est une activité complexe et exigeante.

Elle revêt de multiples compétences. Sa construction s’inscrit dans la durée, mais une fois maitrisée, elle devient généralement automatique. Chez les dysgraphiques, malheureusement, les gestes normalement acquis durant l’apprentissage des bases del’écriture, ne s’automatisent pas malgré les exercices et le temps.

Les difficultés d’écriture sont courantes chez l’enfant ou chez l’adolescent. La dysgraphie touche l’enfant comme l’adulte. Son apparition n’est pas due à un handicap neurologique, ni à une déficience intellectuelle. Certains enfants dysgraphiques sont diagnostiqués HP (haut potentiel intellectuel).Cependant, les troubles de l’écriture peuvent perturber la scolarité d’un enfant ou le déroulement des études chez l’adolescent avec, pour conséquence, une situation d’échec scolaire. Ils peuvent également être un handicap dans la vie professionnelle ou personnelle de l’adulte.

Signes à observer

L’écriture manuelle et sa fonctionnalité s’évaluent selon trois critères :

La vitesse, la lisibilité et le coût cognitif (syncinésies, fatigabilité anormale, dégradation de l’écriture au cours de la tâche, hypertonie en sont quelques symptômes).

Pour vous aider, voici quelques signes à observer avant de déclencher une exploration diagnostique de dysgraphie :

Dysgraphie

Enfants/Adolescents 

  • Ecriture lente, cours incomplets
  • L’écriture est difficilement lisible,  laborieuse : tracé trop léger ou trop écrasé, geste tremblant ou trop mal maitrisé, mauvaise dimension des lettres, sens de la graphie.
  • Travail très peu soigné.
  • Posture inadéquate (main, corps)
  • Difficulté à reproduire des formes, à respecter les lignes ou à tenir les marges
  • Irrégularités d’espacements entre les lettres et entre les mots.
  • Nombreuses ratures, retours en arrière, retouches
  • Mauvaise compréhension du système des majuscules et des minuscules
  • Difficulté à penser le mot qu’il écrit
  • Forte pression exercée par la main sur le crayon
  • Douleurs dans les doigts, la main, l’épaule
  • Fatigue anormale, crampe lors de l’écriture, poignet rigide
  • Forte anxiété face à l’écriture, perte de l’estime de soi
  • Découragement, refus d’écrire

Adultes

  • Ecriture difficilement lisible
  • Concentré sur le geste, comprendre ce que l’on écrit est difficile.
  • Penser le mot à écrire est difficile
  • La prise de notes rapide est également difficile.
  • Phrase inachevée ou manque de certains mots dans la phrase.
  • Difficulté à organiser ses pensées à l’écrit.
  • Ecart entre le niveau de compréhension orale et la production écrite
  • Dégradation de l’écriture aucours de la tâche
  • Mise en page non respectée
  • Lettres et signes de ponctuation oubliés
  • Le geste graphique demande beaucoup d’effort, occasionne des douleurs.
  • Le clavier est préféré à l’écriture manuscrite.

Il n’y a pas de fatalité !
Réapprendre à écrire, c’est possible !
Quel que soit l’âge !

La graphopédagogie peut vous aider dans ce projet. En améliorant les gestes graphiques de base, vous pourrez retrouver une écriture fluide, lisible, indolore et dont vous serez fier !

Les exercices proposés sont ludiques et adaptés aux besoins de chacun.

La rééducation s’articule autour de axes suivants :

  • La posture
  • La motricité fine
  • La tenue et le maniement du crayon
  • La forme des lettres et leur enchainement
  • Les stratégies de copie (si nécessaire)

Pour aller plus loin…

La dysgraphie, qu’est-ce que c’est ?

 Julian Ajuriaguerra, neuropsychiatre, est le premier à avoir donné une définition de la dysgraphie : « Est dysgraphique un enfant chez qui la qualité de l’écriture est déficiente alors que généralement aucun déficit neurologique ou intellectuel n’explique cette déficience ».

La dysgraphie est donc un trouble persistant de l’automatisation et de la réalisation du geste graphique, affectant la forme de l’écriture (les lettres, leurs liaisons, le tracé, la mise en page, le respect de la ligne,…), mais aussi sa rapidité d’exécution.

Elle appartient à la grande famille des troubles « Dys ». On estime qu’environ 10% des enfants d’âge scolaire présentent une dysgraphie plus ou moins sévère.

Son coût cognitif ?

Ecrire est une activité complexe qui revêt de multiples compétences. Cependant l’écriture manuelle est une tâche dite de “bas niveau” qui, si elle n’est pas automatisée, empêche les élèves dysgraphiques d’être efficaces dans des tâches de “haut niveau” (raisonner, comprendre, mémoriser). Comme l’élève doit réfléchir à son écriture (forme des lettres, respect de leurs dimensions, respect de la ligne …), il ne peut pas écouter en même temps qu’il écrit ou se concentrer sur le contenu de sa production d’écrit (l’organisation des idées, la notion travaillée,…). L’acte d’écriture est alors coûteux en énergie.

  • La prise de note est particulièrement difficile.
  • La copie est fatigante et démotivante pour les élèves dysgraphiques.

Ces élèves fournissent des efforts énormes pour écrire aussi correctement que possible et se retrouve systématiquement en situation de double tâche : le coût cognitif est très élevé.

Quels impacts sur la vie quotidienne ou la scolarité ?

Laisser une trace qu’elle soit écrite ou dessinée n’est pas chose aisée. En effet, une écriture déstructurée, inefficace, difficile, peut avoir de lourdes conséquences.

L’excès d’énergie engendré dans l’acte d’écrire nuit à l’attention, à la concentration, à l’application des apprentissages, détériore l’estime de soi, la confiance et peut déclencher ou accentuer les difficultés scolaires (lenteur excessive, douleurs, cours non compris,…)  pouvant aller jusqu’à l’échec scolaire.